
Ma ferme prend racine en Occitanie au coeur du pays cathare sur la commune de Mirepoix. Installé au cœur d'une maison familiale du XVe siècle bordée par l'Hers, je cultive mes fleurs à deux pas de la bastide médiévale, de sa cathédrale et de ses célèbres couverts. Cette demeure, témoin du temps long, m'impose l'humilité : je suis un maillon de transmission.
Mes parcelles, exposées plein sud face aux Pyrénées, profitent de la protection des bois qui les entourent. Ici, la terre légère et granuleuse est nourrie chaque année de matière organique, façonnant un écosystème vivant où mes fleurs grandissent en pleine campagne.

Ma pratique de farmer florist repose sur une conviction : je ne force jamais la nature, je cherche à en faire une alliée. Mon secret est de cultiver des variétés adaptées au climat de l'Ariège, comme mes pivoines, mes dahlias et mes rosiers issus d'obtenteurs français.
Le travail du sol est mon premier geste, une préparation patiente en culture de plein champ. Je laisse les pluies et les gelées hivernales agir pour moi : elles émiettent les mottes et façonnent naturellement un lit de semences idéal. C’est alors que j’y sème les variétés choisies longuement durant mes soirées d’hiver, pour apporter des nuances inédites à mes fleurs de saison.
Dans mes parcelles, la vie foisonne. Cette biodiversité protège mes rangées de fleurs coupées. Éloigné de tout traitement, je privilégie un travail manuel méticuleux et un arrosage ciblé par goutte-à-goutte. Mais surtout, je compose avec la météo : quand elle est clémente, j’agis ; quand elle me dépasse, je courbe l’échine et j'attends qu’elle passe. Ce cheminement patient, au rythme des saisons, forge la vigueur de mes fleurs : habituées au grand air, elles développent une robustesse qui favorise une bonne tenue en vase.

En tant que farmer florist et membre engagé du Collectif de la Fleur Française, je cultive des fleurs 100% locales et de saison au cœur de mes parcelles. Pour moi, produire va bien au-delà de la simple technique culturale : c'est un engagement quotidien respectueux du cycle végétal et de mon terroir ariégeois. Je prends le temps d'accompagner chaque variété avec une observation constante et une attention de chaque instant, de la semence à la récolte.
Cette approche, ancrée dans le respect de la nature, me permet de vous proposer des fleurs fraîches en circuit court. Chaque bouquet que je compose illustre ma vision du mouvement Slow Flower : un retour au rythme des saisons et au réel de la terre. Lorsque la saison froide arrive, mes fleurs séchées naturellement à la ferme prennent le relais. Elles offrent un instant floral en suspens, comme un écho de l'été et de mes parcelles dans votre intérieur.

Pour profiter de ma production et ramener un peu de mes parcelles chez vous, plusieurs chemins s'offrent à vous :
Sur les marchés locaux : Retrouvez-moi les jeudis en saison au marché de Mirepoix. Je vous invite à consulter mes réseaux sociaux pour confirmer ma présence, celle-ci restant soumise à l'urgence des travaux des champs.
Vente directe à la ferme : Vous pouvez retirer vos commandes de bouquets de saison sur mon lieu de production, sur rendez-vous uniquement.
Livraison de proximité : Je livre personnellement vos fleurs dans un rayon de 20 km autour de la ferme.
Une livraison en France : Pour soutenir la fleur de nos terroirs face aux importations lointaines, ma boutique en ligne propose une expédition Chronopost en moins de 24h. L'envoi du colis se fait avant 15h pour une remise en main propre avant 13h le lendemain, garantissant la fraîcheur directement à la sortie de mes parcelles.
Note : Les expéditions de fleurs fraîches peuvent être suspendues en cas de conditions météo extrêmes (fortes chaleurs), afin de garantir l'intégrité de vos bouquets.

« Longum iter est per praecepta, breve et efficax per exempla. »
« Long est le chemin par les préceptes, court et efficace par l'exemple. »
Lettre à LiciliusVI (« Epistulae morales », VI, 5) :Sénèque
Ce côté effet de mode pour la fleur séchée ne me plaisait pas beaucoup ; un engouement de masse, ce n'est pas pour moi, la campagnarde qui suit de très loin les magazines.
Pourtant, j'ai découvert les fleurs séchées bien après avoir commencé, en 2018, à cultiver des fleurs dans les parcelles de Saint-Sernin. Ce fut, et c'est le moins que l'on puisse dire, un long cheminement. Les premières années de culture, les fleurs séchées étaient un monde inconnu, une terra incognita pour moi, et je me demande même si je n'étais pas plutôt hermétique à cet univers.
J'ai lu beaucoup de livres. J’y ai trouvé des techniques de conservation avec du gel de silice ou d'autres produits du genre. Cela ne m’a pas paru très naturel et cela ne m’a pas plu. Et puis, vous allez tous rire, mais par facilité, j’ai tenté de faire sécher mes premières nigelles. Il y en avait beaucoup dans les parcelles, au stade de fruit magnifique avec leur capsule légendaire. La fleur de nigelle est fragile et dure peu de temps ; le laps de temps pour les commercialiser à l'état frais est très court. L’idée de les sécher m'est donc venue, et par facilité, je les ai accrochées dans ma grange, ouverte à tous les vents, ou plutôt à la lumière, même si c'était sous un toit et pas vraiment chaud. Le résultat ne s'est pas fait attendre : les nigelles ont séché, certes, mais n'ont pas conservé leurs couleurs et sont devenues marron. Une horreur.
L'année suivante, après un hiver à réfléchir et à chercher une solution pour appliquer la théorie des livres à la structure que j'avais à ma disposition à Saint-Sernin, j'ai pensé au grenier. Sous les toits, à l'ombre de la tour, veilleuse silencieuse de la maison et des parcelles.
Le séchage de ces fameuses nigelles a été une réussite, une merveille. J'avais fini par trouver le bon taux d'humidité, la bonne température et l'obscurité. J'ai tendu encore plus de ficelles dans le grenier et j'ai trouvé des crochets pour suspendre toute ma récolte et faire sécher, à cette période de l'année fin août, les fleurs. Mes résultats ont été époustouflants.
Mais que faire de tout ce sec, de toutes ces fleurs séchées ? Les commercialiser, oui, évidemment. Mais par mon réseau habituel de vente, les professionnels n'ont pas tout évacué. C'est ainsi que j'ai décidé, pendant les longues soirées d'hiver, de confectionner des pièces uniques et de trouver de quoi me renouveler dans la création.
J'ai découvert un univers créatif qui est un puit d'idées. Ce monde floral bien spécifique m'enthousiasme. C'est la prolongation des parcelles en plein hiver, quand toute la végétation dort, quand il fait bon être au chaud et qu'il fait nuit tôt. Contrairement aux fleurs fraîches, pour les fleurs séchées, peu importe la longueur des tiges, pas besoin d'eau pour survivre. Et puis, rien ne se jette dans le monde des fleurs séchées : la moindre petite fleur trouve ou trouvera sa place dans une composition. Je me dis novice, mais je trouve tellement passionnant de créer et de voir ensuite les regards pétillants de mes clients regarder ce que j'ai réalisé.